XVIIIème siècle

XVIIIème siècle

Navy

Ce couple de costume a remporté le prix d’originalité lors du défilé d’élégance 2021 organisé par le château de Vaux-le-Vicomte. Original, mais en quoi ?

D’abord il y a l’utilisation des rayures : au XVIIIème siècle ce motif n’est pas réellement bien vu. Il fait référence aux marins, aux bagnards, aux bouffons, aux prostituées…Ici les rayures et les vêtements de travailleurs sont portés avec fierté. Une culotte à pont revisite l’uniforme des marins tandis que les rayures bleues, blanches et rouges, font souffler un vent de liberté !

L’originalité vient également de l’utilisation d’éléments anachroniques comme la bouée de sauvetage, qui ne prendra cette forme qu’à partir du XIXème siècle. Le bateau qui orne le chapeau de l’homme fait quant à lui référence à la mode, instaurée par Marie-Antoinette, de ces perruques agrémentées de bateaux en hommage au combat naval entre la frégate française « La Belle Poule » et la frégate britannique « HMS Arethusa » en 1778.

Ce n’est pas la seule référence à l’Angleterre puisque le choix des matières de ces costumes présente les caractéristiques d’une certaine « anglomanie ». Durant la seconde moitié du XVIIIème siècle, la France apprécie les gardes de robes plus simples et pratique de ses voisins anglais. La référence est explicite avec cette veste rouge qui fait évidemment référence aux troupes de l’armée britannique appelé les « red coat ». Les vêtements anglais sont moins fragiles qu’en France. Ici on oublie la soie et le taffetas pour privilégier le travail du coton dans tout ses états (velours de coton pour la veste, popeline de coton pour les chemises, sergé de coton pour la structure des paniers de la jupe, etc).

Pour chacune de ces raisons ces costumes peuvent être qualifiés d’originaux, mais plus encore, ils se distinguent des costumes de reconstitutions par leur caractère unique et des références très contemporaines à Christian Dior ou René Gruau.

Pietro Longhi

Peintre vénitien du XVIIIème siècle, Pietro Longhi est surtout célèbre pour ses peintures de la vie quotidienne mettant en scène l’aristocratie vénitienne. On y voit les vénitiens masqués, en effet à cet époque le masque était un accessoire du quotidien à Venise.

Parmi ces masques on distingue la moretta. Ce petit masque recouvert de velours est réservé aux femmes. Ce masque noir, qui contraste avec la peau blanche du visage des vénitiennes, tenait par le biais d’un bouton qu’on maintenait entre les dents. Les femmes qui portaient la moretta devaient donc rester muettes pour garder leur masque.

En revêtant la moretta, ce masque de séduction, les femmes manifestaient leur envie d’être séduite selon les règles d’un jeu de séduction très particulier.

C’était à la dame de décider combien de temps rester silencieuse et anonyme, ignorant ainsi les avances des plus maladroits. En retirant son masque, la dame offrait, outre la vision de son visage, le son de sa voix, c’est à dire le reflet de son âme. Un seul privilégié pouvait admirer ce visage et écouter cette voix. Mais il fallait beaucoup d’habileté et de courage pour séduire une femme sans savoir à qui l’on avait affaire, tout en parvenant à ce qu’elle retire son masque.

Carnaval de Venise

Prise dans un dédale des canaux, une créature baroque évolue au fil de l’eau. Le temps du carnaval c’est un papillon doré, gardien du miroir des rêves. Une créature enchanteresse comme seule la Sérénissime en inspire. Mais… chuuut! C’est un secret, dont seul le reflet est ici révélé.