Tournure
Lady Jane Greystocke
Cette robe s’inspire de la mode féminine de 1870. A cette époque la mode était en pleine transition. La forme circulaire des crinolines du Second Empire a évolué avec les « crinolettes » et les « demi-crinolines », qui projetaient le volume vers l’arrière de la robe. Ce mouvement va encore s’accentuer, jusqu’à prendre la forme d’une robe à tournure.
En 1870, un jupon fortement garni, préserve encore l’effet volumineux de la crinoline mais la structure en baleines se limite maintenant au « faux-cul ». Le métrage de tissu est toujours aussi conséquent et des superpositions de matières viennent se draper sur les hanches, révélant le motif des couches inférieures. La garniture est aussi opulente qu’au XVIIIème siècle : volants, plis, dentelles et boutons agrémentent la robe, tandis qu’un nœud volumineux, placé dans le bas du dos, souligne la cambrure.
La longueur de la jupe, très courte pour une robe du XIXème siècle, s’accorde avec le style « sportif », souligné par des bottines en cuir agrémentées de guêtres à boutons.
Audacieuse, excentrique, voir frivole, la tenue de loisir se caractérise également par sa luminosité. Le jaune et le blanc, ainsi que les motifs rayés, sont caractéristiques d’une mode balnéaire qui s’accorde avec un petit chapeau de paille, typiquement estival.


Guilded Age

À l’occasion d’un bal donné au Petit Palais, j’ai réalisé cette robe à tournure en satin rouge et dentelle noire. La construction du Petit Palais datant de l’exposition universelle de 1900, je me suis inspirée de cette période pour créer un modèle mêlant “costume historique” et “haute couture”, puisque c’est à cette époque que Charles Frederick Worth “invente” la haute couture.
Le modèle n’est pas sans rappeler la robe de bal de Mina Murray dans Dracula ou une des robes de soirées de Bertha Russell, dans la série Guilded Age.
De 1860 à 1890 environs, la mode féminine met l’accent sur le dos des robes. C’est la mode des faux-cul, appelé également queue d’écrevisse ou tournure. Cette protubérance arrière est une évolution de la crinoline projetée. Associé au corset pour faire paraître la taille encore plus mince, la tournure souligne la cambrure et allonge la silhouette avec des cascades de draperies qui se déploient à partir de la chute des reins.
